mardi 23 octobre 2007

POEME OU PROBLEME ?





"Mon coeur a son mystère" disait Arvers, et Verlaine et Rimbaud nous ont habitués à rencontrer le mystère en poésie. Mallarmé prétendait qu'il appartient au lecteur de trouver la clé du mystère d'un poème. Question d'intelligence... la poésie ? Va-t-on au paradis poétique avec les ânes ?
Mystère... Obscurité... Faut-il comprendre pour aimer... un poème ? Je dirais que cela contribue à mon plaisir. Si je suis amateur d'énigmes, tous les romans policiers me tendent leurs pages.
Je vous propose mon mystère philosophique à moi :




GRAND ESPRIT


Si les esprits habitaient mes chemins
Si la sorcière le fantôme ou le dragon
Venaient demain
Danser avec les fées dans ma maison
Si les esprits me donnaient de l’esprit
Et les magiciens leur magie
Quel monde quotidien serait le mien

Si l’esprit habitait mes chemins
J’avancerais éblouissant de labyrinthes
De méandre en dédale
Dans les avenues de mon cerveau
Semant alentour sans me faire mal
Avec mes perles embrumées
La torture sophistiquée de mes pensées

Si l’esprit habitait mes chemins
Avec le syllogisme l’hypallage et les trochées
J’irais main dans la main
Citant Platon Pascal ou Plotin ou Augustin
Le penseur impensé le locuteur non dit
Le génie farfadet signifié et le signifiant démon lutin
Quel monde érudit serait le mien

Mais que l’âne broute les fleurs
Que le printemps vienne à son heure
Qu’un merle niche dans la haie
Qu’au royaume des forêts
Gitent le sanglier et sa laie
Que l’année me comble de quatre saisons
Que la cheminée fume sur la maison
Tout ceci suffit à ma philosophie

Tout ceci est ma magie
L’écheveau des chemins de ma vie
Où falot et réservé je vagabonde
Où j’erre esprit pervers où je m’enivre de grand air
C’est là qu'aujourd’hui comme hier
Je jouis que de plaisir je crie
Que je me perds et perds l’esprit

mardi 16 octobre 2007