vendredi 18 août 2017

TU PARLES CHARLES !





Par temps gris j’aime de Baudelaire la rime antique
Qui étincelle au soleil et aveugle les yeux
Avec ses accents de Symphonie Fantastique
Et dont les noirs reflets vous font le cœur ombreux

On y voit des Enfers les damnés dans le feu
Dont les soupirs hantent de funèbres portiques
Là se dévoilent les secrets d’un cœur mystique
Qui osait même en vers impies affronter Dieu

Des spélonques de Lucifer toute la gamme
Est là ainsi que des vils péchés la noirceur
Des esprits accablés étalant leur malheur

On savoure en ces sonnets d’exotiques flammes
Les morosités vagues et le poids des langueurs
La tristesse avait alors un  goût de bonheur

vendredi 18 août 2017

jeudi 17 août 2017

En rond je tonds


Sans forcer ma nature
C'est moins lourd à l’esprit c’est sûr
Que la Critique de la Raison
Pure

En rond je tonds le gazon
Limité comme horizon
Mais j’aime l’odeur verte
Et la saison

Parfois je tonds en rond
Patapon
Ça plaît aux merles
Mais moins aux papillons

J’ai tondu de ce pré
Plus que la largeur de ma langue
Sans philosopher sans forcer
 Un esprit qui tangue

Si voyant Lison sur le gazon
Vous avez l’esprit trop polisson
Méditez lâchez prise ou allez donc
Tondre en rond Patapon

jeudi 17 août 2017

lundi 14 août 2017

Candeur de papier



Candeur de papier innocent miroir
Tu es le monde l’onde et le ciel du soir
Le reflet d’un regard qui tremble
Une peine et un sourire ensemble

Patiente tu attends le mot
En points de suspension tu médites
Dans ton silence lourd d’enfantements
Tu espères la phrase ou le cri

Neige sur le marbre endormi
Mouette sur la craie des falaises à midi
Page de neige et de lait
Où s’allume l’arc-en-ciel

Es-tu la Création Enfer et Paradis
La glaise vierge que l’on pétrit
Es-tu mappemonde ou galaxie
Ou la nef du poète vers la folie

Es-tu l’argile de Pygmalion
Eve Adam la colombe enfin et le lion
Des ravis ne serais-tu pas la divinité
 Dans les Alyscamps d’illusions
En Arles à Pâques ou à La Trinité
Ou au jardin des confusions
L’arbre d’une autre vérité


lundi 14 août 2017

CHIAROSCURO



Soleil du matin comme un oiseau lourd
Sur l’arbre et son ombre
Son ombre d’oiseau lourd
Corbeau des secrets des mystères

Soleil du matin qui entrouvre sa porte
Sa lumière à mi-mot
Audacieuse et timide dans la pénombre
Pour ne pas déranger une confidence

Soleil du matin soleil de jungle bienveillante
Pesante présente si proche et bienveillante
Où le corbeau sorcier allume la lumière des choses
Sa lumière de Rembrandt sa lumière d’oiseau lourd

lundi 14 août 2017



dimanche 6 août 2017

Dans les jardins du temps



Dans les jardins près des fontaines
Quand l’acanthe accompagnait Démosthène
Vous étiez présentes fougères hiératiques
La terre était d'un vert de Praxitèle antique
Dans les jardins du temps

Dans cette antiquité neuve où s’abrite mon séjour
Je chéris aujourd’hui mes rêves paresseux
L’arbre et la fougère y sont seyants à l’indolence
En cheveux blancs de l'âge qui avance

Le vert au soleil s'y marie
 Qui en compagnie 
Dans la petite éternité de la terre
Partage notre éther

 Là le mandeville vermillon 
Les pélargoniums gardes rouges 
La rudbeckie hérissée sont en famille
Dans le havre silencieux des charmilles

Tandis que le chat et moi raffinés et oisifs
Nous dégustons à petites gorgées l’instant 
Où l'effluve d'un bonheur furtif
Embaume les jardins du temps


dimanche 6 août 2017

vendredi 4 août 2017

Muets les rochers




Muets les rochers lourds ont usé leur couleur
Creusant le vide des folies du vertige
Abîmes ténébreux dans une nuit déchirée
Tombeaux où une horreur aux aguets se tapit
Où le regard se noie dans la chute qui appelle

Le vent sur l’immensité des flots entrevus
Parle de paradis perdu au large où la vie scintille
Où les mouettes suspendent leur équilibre
Dans la blancheur glacée de cris indifférents

Tandis que se balance et tangue éperdue insensée
 La passerelle qu’agace le froid des rafales
Dans l’ultime périple où la raison se fige
Qui désespère abandonnée incrédule et sans voix 

Le salut est là-bas main tendue sur l’autre rive

vendredi 4 août 2017

lundi 31 juillet 2017

VEINES DU JOUR


Dans la paix de Beethoven
Un souffle dans l’éclat de midi
Bercé de notes
Au cœur du monde que je porte
Au fil des courants d’air
Le clocher arbore ses horizons
Où bat  le cœur des heures

Pour le prix d’un rêve
Les arbres buveurs  d’été
S’enivrent de musique
Comme un fil de la vierge
La vie flotte
Dans le jour qui respire

dimanche 30 juillet 2017

vendredi 28 juillet 2017

ET L’EAU DES FONTAINES…


Si à l’école d’hier on n’a rien appris
Connait-on la vie ses chemins
Ses paysages qui attendent  
Patients à la portière ouverte

Le silence qui se retient de dire
Un monde
A faire fondre l’étoile polaire
Le portail qui s’ouvre pour parler au matin
Et les mots dans le jardin d’un sourire
?

mardi 25 juillet 2017

dimanche 23 juillet 2017

Où c'est ?



Trop de rues je m’égare
Passages Immeubles Boulevards
Escalator pléthore Terminator
Dites c’est comment Épidaure
Rouge à gauche rouge
Vert à droite droite
Orange pressée pressée c’est où la gare
Allez zou je me gare
C’est comment Épidaure
Y a-t-il encore un minotaure

Un petit monde me suffit
Un poème en calligraphie
Vert d’herbe neuve
Qu’il vente ou pleuve
Rouge fusain bonnet d’évêque
Physalis orange amour tout sec
On fait avec
Blanche sur la branche
La neige se penche
Du merle l’éclair noir est passé
De la campagne on n’est jamais  lassé

dimanche 23 juillet 2017

FANTAISIE


Carmen ou Chérubin sur mes lèvres
Nom d’une pipe cet air ça m’étonnerait
Qu’il ravive encore l’ancienne fièvre
Je me demande pourquoi je l’entonnerais

Votre cœur je crois n’est plus à prendre
Le temps béni des fredaines est fini
Ma mie sur le passé pourquoi s’étendre
Mes dents si blanches ont bien jauni

J’ai le ventre d’un buveur de bière
Et comme mes joues un nez de couleur
Mes heures passent sur une litière
Et à chaque instant je crois je meurs

Vous direz je divague ou ma mémoire est traître
Caressant le doux dos de vos chiens

Dans quelque autre existence peut-être 
J'aurais donc aimé 
Ce drôle de citoyen

Ma tête d’oiseau n’allait pas très bien

dimanche 23 juillet 2017

jeudi 20 juillet 2017

Sérénissime


Bienvenue bel intrus
Tandis qu’à la mandoline
Sonnait la sonate vénitienne
Tu t’es posé rayon d’or belle idée
Sur la soie bleu blanc vert
Et mon cachot d’obscurité
S’est ouvert

Sur la Sérénissime
D’un carnaval incendié
Se sont allumé les derniers feux
De joyaux frémissants
Contre-jour minuscule
Ultime gondole sur la lagune
Encalminée au crépuscule
Est-ce soleil ou bien lune

A cause d’un rayon
J’ai basculé par-dessus l’horizon
Cosette a quitté ses haillons
Et je vogue à Venise
Où Turner dans l’été des poèmes
 A posé sa valise 
Et sa folie de crayons

jeudi 20 juillet 2017

mercredi 19 juillet 2017

SMÖRGÅSBORD




Avec toi aussi je voyage en poésie
Valéry Larbaud ce n’est pas une blague
Car j’espère éternellement des choses vagues
Là-bas en Carélie ou même en Papouasie

Depuis toujours c’est sûr je partage avec toi
Le vague des passions celui des espérances
Me voici à passer ici l’été en France
Dis emmène-moi à Elseneur avec toi

Je m’accommoderais de fraîcheur scandinave
 De moustiques de Suédoises antipathiques
Lorsque au sauna dans l’eau tout glacé on se lave
Mais en cet aujourd’hui j’ai besoin de Baltique

mercredi 19 juillet 2017

IL SE PIQUE LA RUCHE




Les forêts de poésie
N’ont pas de saison
Un peu de rime
Peu de raison

Ma tête est le jardin
Des abeilles
On y cueille des mots
Des merveilles

L’abeille au Bois Dormant
Habite le firmament
En son séjour
Elle a toujours
Du muguet entre les dents
Et deux trous rouges
Au côté droit


19/07/2017

Abécédaire





Un poème ce n’est pas du nougat
Le P a besoin du A
Pour aller à l’Opéra

Dans MEUH avec un E
On repeint les bœufs
On fait ses Pâques
Avec les yeux

Des diamants blancs et rouges
Bougent sur l’I
Du mot fini
Comme des ouistitis
Malappris

Par temps de canicule
L’humanité chante
Morbleu
Dans l’O bleu
Les corps nus de l’été
Distillent
L’O de vie

Allez U les poneys et les tortues
Ont de longues vues
Et des lunettes plein la vue
 Plein la vue

L’y grec est d’un calme olympien
Très chic
Il reste classique

mardi 18 juillet 2017