mardi 24 juin 2008

Heredia & C°



De Palos de Moguer, routiers et capitaines
Partaient, ivres d'un rêve héroïque et brutal.

Tropique emprisonné

Les bateaux morts sur la plage
Leur coque est grise du temps
Mangée d'algues sèches et de vent
Ils gémissent des rêves
Blessés d'agonies brisés d'amour
A rompre leurs amarres
Ils crèvent écartelés d'horizon
Assourdis de l'appel stérile
Des flots ondulant une offre impudique
Au douloureux sanglot d'un désir mort

L'hiver aujourd'hui arrache trop la peau
Pour y songer encore
A lever l'ancre et caresser
D'Amériques frémissantes
Un sein de satin palpitant
Des palmes aux mains d'alizés

Les bateaux sur la plage
Brûlent leurs larmes d'or fondu
Ils pleurent sur le sable le lointain estuaire
Quand là-bas au détour des montagnes
Vers de rudes roulis ils prenaient leur envol


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