L’été hiverne ce matin. L’heure d’hiver sous couvert de la nuit a fait son nid au creux de nos heures. Jusqu'au retour du printemps, nourrisson fragile qui nourrit de sommeil ses forces incertaines, le temps nous redira son pesant de grisailles.
LE MANOIR ENDORMI
Dans ton château, comme parchemin roulé
Au creux de ta nuit s’ouvre le conte des jours
Les leçons du passé mal apprises
Et la boussole du cœur souffle et s’affole
Où sont les vaisselles d’or la dentelle et les atours.
La Rolls au garage et ce nom qui résonne
Sur le torchis des murs n'est à personne
Il flotte dans la pièce comme un triste vautour
Les bûches fument comme un long-courrier
L’air me répète nos forêts de myrtilles
La mousse où s’attardait la rosée des matins
Ne boit plus sur ta peau le soleil en mosaïque.
Fonds de tiroir empoussiérés gardez vos reproches
Nous ne tenons plus ce bonheur à quatre mains
Il pleure dans mes yeux des silex et des blessures
Qui me cachent l’église et le courant qui vogue
Le ciel est trop bleu pour qui avait le goût des vagues
L’été crie trop fort et les feuilles cachent la forêt
De tant de fruits on ne saura que faire
Et les loirs voleurs viendront ronger les provisions d’hiver
Le manteau dans le couloir s’appesantit de poussière
Comme alourdi déjà d’hiver grinçant et perclus
Et la canne qui sur les chemins semait ses cadences
Attendra en vain l’aventure et l’excursion nouvelle
dimanche 26 octobre 2008

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