dimanche 3 juin 2012

CIEL DE LETTRES



Voici des fruits, des fleurs, des feuilles et des branches

Et puis voici mon coeur qui ne bat que pour vous.
Paul Verlaine


La porte de feuilles

Il est là Toutes ses espérances aussi
Comme un taillis hospitalier
Les yeux levés au sommet de l’arbre

On y voit la maison du ciel

Loin du chiffre machinal
Des pyramides qui écrasent le dos
Du cœur de l’esprit dans le chaudron
La porte de feuilles ouvre le havre l’abri

Un ciel de lettres la caverne des mots
Qui prennent place au théâtre
Le programme ouvre ses couleurs ses audaces
Le vitrail habille de camaïeux le silence
Les fleurs éclatent sur le jardin des voûtes
L’ange sourit le diable bouffon écume
La vierge va mordre le fruit qui ruisselle
Sur la mer valse la vague du sentiment

Il est là Toutes ses espérances aussi
Comme un taillis hospitalier
Et les vagues et le sang du poème
S’allument en noir et blanc

dimanche 3 juin 2012


Eh oui !




PÉNURIE D’ABONDANCE


Dans le jardin d’Eden 
Pour un printemps d'hiver
Tous les fruits du monde
Sont couleur d’outremer

Les heures que l’on n’a vues venir
Sont d’autres voyages d'autres rondes
Là guette l’augure composteur d’avenir
Le compositeur au tournant du monde

Dans le jardin du monde 
Pour un printemps d’Eden
Tous les fruits en hiver
Sont couleur d’outremer

lundi 21 mai 2012








vendredi 1 juin 2012

AH ! MELVILLE !



MAUDITE BIQUE
Faut profiter des soldes capitaine
Des soldes de poil d’éléphant rataplan
C’est comme l’or blanc c’est pas courant
Faut profiter du courant capitaine

On va toujours vers l’eau capitaine
On cherche la baleine
Et ça nous fait une belle jambe en or capitaine

On chasse la baleine
Entre elle et nous pimpon pimpon un harpon
Oh oui piquons capitaine Pique pique la baleine

C’est le Léviathan sorti du fond des temps
Pique-la capitaine sinon c’est pas la peine
C’est ta semaine de veine ta semaine de baleine
La baleine c’est l’éléphant blanc

C’est la baleine qu’on aime capitaine
Plus que l’aileron de requin
Pique-la malgré ta peine
La baleine c’est toi c’est toi la baleine
Léviathan et toi Tu le sais bien Vous ne faites qu’un

vendredi 1er juin 2012

mardi 29 mai 2012

croisée des routes





ROUTINE aux deux visages

Gouffre vorace d’oisiveté molle
Cœur du tourbillon facile
Où vous avalent les torpeurs
D’un esprit qui s’endort


Main qui apaise le corps
Tendue en pays inconnu
Calme d’un mur Où l’on s’appuie
Dans le flot féroce et conquérant


Canne essentielle des jours lassés
Signal dans le labyrinthe
Après les heures et leur fardeau
Et le temps qui dissipe comme une fumée
Le paysage qu’on croyait sûr

mardi 29 mai 2012 

samedi 26 mai 2012

SUMMERTIME





L’été en nage


Le ruisseau franchi
L’été en nage

La jupe 
Rouge et noire

L’innocente chanson
Qui vibre


L’été
 L’été 
L’été Rouge et noir



samedi 26 mai 2012 

mardi 22 mai 2012

sous la pluie




VERTE Télé

Une vapeur d’horizon derrière la haie
Les platanes y sont de grisaille
Le vent pétrit cornouillers charmes et frênes
Comme les escargots les grenouilles sont ravies

Le jour garde son imperméable
Et la terre boit tout son saoul
Comment marcher sous la pluie
J’ai oublié J’ai tort Les années courent

Mes paroles ne changent pas le monde
Elles me gardent à l’abri
La saison m’offre son programme
Il me suffit d’allumer la fenêtre
Le vent me berce comme un frêne ou un charme

mardi 22 mai 2012 

lundi 21 mai 2012

SANGUINE




fruits du monde

Il y a ici le printemps et tous les fruits du monde
Disait le serpent sans qu’on l’entende
Déjà nous étions au paradis où les heures sont rondes
Où les souvenirs sont bleu d’Ostende

Nous étions tous les chemins du monde
Dans nos yeux brillaient des voyages
Une seule saison sur nos corps illuminés
Et nous à pas de fée dans le jardin d’Eden

Nos années étaient d’abondance et fécondes
Nous tendions la main pour saisir le ciel au vol
Les mélodies s’habillaient de poésie
L’heure oubliait l’heure au temps de l’amour fol

Il y a ici le printemps et tous les fruits du monde
Dit le serpent Aujourd’hui on l’entend
On le sait On s’habitue La terre est ronde
On a déjà consommé On attend le printemps

lundi 21 mai 2012 

dimanche 20 mai 2012

SOLEMNIS





ÉBLOUIS d’espace

Missa Solemnis cumulus noir géant bleu
Stratus ensoleillé
Le temps s’éclaircit Ludwig
Le soleil est derrière les nuages

L’âme vénère tes sacrements tes rites
Ton Nirvana des tourbillons du monde
Même sourd tu as entendu le souffle
Même aux rebelles impies tu offres l’univers

Nouveau-nés ni malingres déshérités ni bancals
Sur le nuage absolu on est l’amour et l’arc-en-ciel
Aux naufragés au sein de la mer
Tu as donné l’infinitude et la terre

dimanche 20 mai 2012



jeudi 17 mai 2012

l’écharpe du Petit prince

— Et à quoi cela te sert-il d’être riche ?
— À acheter d’autres étoiles, si quelqu’un en trouve. »
« Celui-là, se dit en lui-même le petit prince, il raisonne un peu comme mon ivrogne. »


PREMIER TEMPS

Retrouver le printemps sur la route déroulée
Gorge au chaud sous l’écharpe du Petit prince
La brise frisquette n’est que fariboles

 
Les champs répandent tout l’or des dent-de-lion
Le faisan révèle sa prudence grinçante
Mais cache ses rutilances martiales 

Dans la fresque  de Mathilde 
Interminable de verdure et d’éclat

Jusqu’à l’horizon du faucon ivre de stratosphère
Dans la géographie d’arbres et de champs


Je plonge



Mon souffle se soûle de parfum d’aubépine
Les ancolies arborent leurs cornes de dragons violets
La brise frisquette n’est que fariboles

jeudi 17 mai 2012
 



mardi 15 mai 2012

Gargouille à Loyer Modéré



splendide ou triste ?

Le jour fait paître ses ténèbres
Parmi les immeubles géomètres
Dans le crépuscule saignent les fantômes
Vagabonds dans les ruines verdies
Des anges pleurent la lumière

La pierre avait dans les siècles
Son pays d’histoire et de gens
La beauté parlait aux rêves et faisait demeure
La bête bétonnière morte ou vive
Laisse 
en héritage ses jardins de laideur 
Où le scraper exsangue racle le désert et la peur

Il flotte sur la vie 
l’air carbonisé et son odeur  
Les foules sont en guerre
Le regard maigre affamé d’argent

On leur avait caché que c’était dieu vraiment

mardi 15 mai 2012   

JOUR FACILE




Regarder n'est pas vivre.
C'est un bonheur d'image...
Le bonheur tout de même
Réveil Soleil

Mon corps quitte un lit de paresse
Un bout de route
Et je respire
Mon pays Jaune et vert
De cycliste revenu
Le jour est facile il sourit


Un faucon a conquis le ciel
La crécerelle du faisan raie ses couleurs
Audacieuse comme ces deux mésanges
Dans la danse du peuplier

Mon corps sort du lit de paresse
Vers le ciel je tends mes regards
Je bouge dans l’air fleuri
J’ai fait du printemps un bouquet
Le jour est facile et sourit


samedi 5 mai 2012 



lundi 7 mai 2012

sous les déluges






SCENIC RAILWAY

Plus de saison plus de sourire à la maison
Je suis une confuse route
Sans raison à ma déraison

Sous la pluie sous les déluges
Pas de doute faudrait un shoot
Comme un refuge loin du grabuge


Plus de merveilles plus de soleil
 Choisirai-je le parti du sommeil
Ou le train fantôme


samedi 5 mai 2012 

samedi 5 mai 2012

Pépite en transit






TRUITE TROGLODYTE

Les mots s’ennuient oubliés dans l’ombre
Le jour se traîne ni gris ni vert le rêve est sombre
Un regard au dehors est-ce la peine
Le jour se traîne


Amoureux d’une prison est-ce un amour
Amoureux du noir où est l’espoir et le velours
Pépite en transit
L’amour est en fuite


Vers quelque phrase je tends la main
L’estomac pleure un peu de pain
Est-ce un  jour qu’on assassine
Ou Rimbaud qui crie famine


samedi 5 mai 2012 


samedi 28 avril 2012

PAS PAREIL




Entre les berges de la poésie qu’il est beau
 le fleuve des mots d’Aragon,
qui va jusqu’à la mer !
Je m’y suis baigné.


L’éternité aujourd’hui

Je suis passé par les printemps
D’éternité quand nous avions le temps

Il était jeune et pas pareil
Nous dormions sur nos deux oreilles
Le plaisir était le plus fort
Nous mourions de douce mort

Le temps n’était jamais trop court
Après l’amour Avant l’amour
Le temps était toujours trop court


Moins fleuri le jardin des merveilles
Le firmament  n'est plus pareil



Je suis passé par les automnes
ça n'intéresse plus personne


samedi 28 avril 2012


LE JOUR AUX YEUX OUVERTS




On a survécu

Ça s’est passé comme toujours
La conscience n’a rien vu
Pour presser le troupeau des heures on usait les jours
Et voici la pièce commencée sous les feux de la rampe
Le froid paresseux se retourne encore et s’éloigne

Certains ne verront pas les verdures exubérantes
La dent-de-lion à foison dans la prairie réveillée
Ni l’écureuil craintif ni les oiseaux amoureux
Bientôt invisibles derrière le rideau tiré du feuillage

Déjà avril allume des feux On attend le muguet
On est au port du nouveau printemps
Au monde où les envies ne portent plus le deuil
 Dans le jour aux yeux ouverts


                vendredi 27 avril 2012 

mercredi 25 avril 2012

Le chant aux ailes interminables









BELLE IDEE

Cette musique qui se pose tout près
Sans visage discrète si souvent et déjà familière
Qui vous caresse l’âme et les cheveux
Fait couler l’eau lustrale le thé grave et le miel joyeux

Belle philosophie si facile à comprendre beau mystère  
Ses mots savent la voie de l’arbre et des prés sur la mer
Ils savent le clapot de la vague au creux de la pierre patiente
La tiède l’infinie douceur qui ne demande rien

Comme un hamac au milieu de l’été elle a sa place
Comme une fraîcheur qui chuchote des souvenirs à l’oreille
Qui refait le tour du monde jusqu’aux monts et merveilles
Ce chant aux ailes interminables ouvre l’immensité
Et sans un mot sait tout dire quand il faut se taire


mercredi 25 avril 2012
Voir le site de Paul Dubois : http://www.pratyabhijna.com/auteur.html

dimanche 22 avril 2012

THE BEST




BULLETIN DU DIMANCHE

Choisir son destin quand le destin choisit 
Entre Hypnos et Ipsos et Chronos entre regret et remords
Quand un dieu tire les ficelles d’argent et le fil des Parques
A quoi nous servent Périclès Démosthène et Platon
Quand le jour gris se lève froid et mouillé 
Sur la Justice d’Oedipe aux  lunettes égarées

Entre Hypnos et Ipsos et Chronos entre regret et remords
Le ciel est nuageux  les feuilles tremblent et l’on cherche le nord
D’autres sauraient mieux que nous à tâtons la direction qui leur sied 
Pour quelque loto quelque Koh Lanta quelque minable Minimum qui 
Cherche mythe ou fortune et qui sue le cambouis
Irons-nous sardines urbaines mettre en boîte le nom du Sauveur

Quand un dieu tire les ficelles d’argent et le fil des Parques
Regarderons-nous fuir le temps en attendant le muguet 
Et la fête dans nos verres d’un labeur décrépi
Quand nourrie du souffle des mots la faim de chaque jour
Trouve au fond de l’écran le feuilleton tricolore et sourd
Aperçoit-elle au loin l’aube neuve et les songes futurs ?


dimanche 22 avril 2012  

samedi 21 avril 2012

Souvenirs Callypiges


Que jamais l'art abstrait, qui sévit maintenant,

N'enlève à vos attraits ce volume étonnant.
(G.Brassens)
...Souvenez-vous, c'était au Louvre !
L’ESPRIT DES HEURES

Dans l’ombre de l’ombre
Créatures du mystère
Fantômes couleur d'orient
Les souvenirs s’évadent du placard

Dans le paysage enfumé de brouillard
Le regard n’y voit que du feu
L’histoire flotte dans l’air

Aux marches du temps 
Goutte à goutte la mémoire dissoute
Disparaît dévorée d’inconnu

samedi 21 avril 2012

vendredi 20 avril 2012

Magies du Chemin


Et que de branche en branche
le vent se charge de cris
d'oiseaux (Louise Herlin)

VAGABOND D’HIER 

Mon livre c’était la conversation des forêts  
Le ciel en bas bleus mettait ses lumières 
Mes heures étaient buissonnières
A la rencontre des feuilles neuves 
De l’anémone parmi les mousses

Je saluais en brodequins de sept lieux 
La mûre et la ronce au passage
J’allais sûr des magies du chemin 
J’allais vers le chevreuil debout dans le soleil 
A l’heure du coucou et du charme 
A la rencontre du ciel et du chêne vertigineux

Comme il était jeune alors le souvenir
Quelle surprise la bouffée de violette et le lamier inconnu
Le rouge-gorge et son audace de guetteur
Comme à la noce la bruyère criait sa flamme 
La saison au goût de fraise comme elle était légère à l’âme 


mercredi 18 avril 2012 

dimanche 15 avril 2012

CAVEMAN




« Arrêtons-nous, dit-il, car cet asile est sûr.
Restons-y. Nous avons du monde atteint les bornes. »
Victor Hugo

SOURCE SAUVAGE

Dans les ténèbres du temps
J’épie la nuit des dieux sonores et sans nom
Passent là ceux qui cherchent mon sang
Déchirant ceux qui couraient loin d’eux
J’ai vu l’essaim des mouches s’envoler des os fracassés

Quand ma bouche est de sable
Toujours elle appelle celle qui fuit


  Au pays de la nuit mes yeux se taisent 
Le lièvre tendre des hasards saigne
La lumière jadis me prenait dans ses mains
La déesse des roseaux laissait 
mes lèvres l’approcher

Quand ma bouche est de sable 
Toujours elle t’appelle toi qui me fuis toujours  




dimanche 15 avril 2012 

vendredi 13 avril 2012

PRIMAVERA



Qui primavera sempre e ogne frutto;
(DANTE Purgatorio XXVIII  143)

BOTICELLI

Ô le trésor de l’air à pleins bras 
Gemmes rares nées de la terre 
Les feuilles jouent la gamme des couleurs
Le cerisier reste classique en noir et blanc

Jusqu’aux cheveux j’en remplis mon regard
Je vois grandir des miracles chaque jour
 Où le vide ne savait que le silence 
S’embrase la foule étoilée des bourgeons 

Pour un Noël qui s’est trompé de saison
Les ramilles se peuplent de promesses
Jusqu’au ciel et tant de bleu tant de nuages 
A paître parmi les œufs de Pâques

En ouvrant la fenêtre trop frileuse 
Il n’y a qu’à prendre à la corne d’abondance
La Primavera sourit et court en robe blanche 
Couronnée de guirlandes et de musique à danser

vendredi 13 avril 2012


mardi 10 avril 2012

Anémone et muscari




TEMPS COUVERT

Loué sois-tu,Seigneur, pour notre frère le vent,
Pour l'air et le nuage, pour le temps, calme ou non,
(Saint François d'Assise)

L’anémone et le muscari
Avaient la couleur joyeuse
Au matin d’aujourd’hui

Pluie d’après-midi froide lourde pluie
Sur les épaules de l’humeur engourdie
 
Le soleil a fui
J’ai les épaules tout engourdies
Elles portent ce que j’y ai mis
 Lourde pluie triste colère refroidie

Pluie d’après-midi froide lourde pluie
Sur les épaules de l’humeur engourdie

 Journée de muscari peinte en gris 
Je traîne tout engourdi
Comme un arbre coupé comme un nuage 
Mes fleurs gris malaise 
Pèsent

Pluie d’après-midi froide lourde pluie



mardi 10 avril 2012

samedi 7 avril 2012

VERT POESIE





AU PAYS DES MOTS


Au pays des mots l’air est nouveau-né
Il y a du soleil entre les lignes
Des poèmes nagent dans le cahier
On voit 
des songes on voit des signes

Quand on n’a pas refermé la porte   
Au pays des mots trop parler peut nuire
S'en échappent les peurs les petits malheurs 
Et tous les secrets et le grand bonheur

On y parle la langue du printemps reverdi
Les mots sont d'un pays qu'on a dans le cœur
Sans rien demander on y fait sa demeure 
Le cerisier parle du printemps 
Avec des mots candides que chacun comprend 


samedi 7 avril 2012


vendredi 6 avril 2012

DE L'ARGENT SUR TERRE




Levant ma tasse, j'invite la lune claire,

En comptant mon ombre, nous voilà trois.
(Li Po)

POISSON D’ARGENT

Pour fêter le printemps j’espère
La lune sème de l’argent sur terre 
Une neige d’argent 
Un dernier parfum d’hiver

 Pourtant à nouveau on était né 
On était parrain fleuri du cornouiller 
La haie transparente encore 
Osait la verdure nouvelle

Les oiseaux déjà croyaient à la saison 
Le rouge-gorge arborait son audace 
Les merles pour une belle cherchaient querelle
Anémone et violette trouvaient leur place

Déjà nous ouvrions les bras à la saison nouvelle 
Voici qu’elle oublie ses promesses
A l’avril siéraient mieux l’or et le vert
Cette nuit il a neigé l’argent sur terre


lundi 2 avril 2012  

jeudi 29 mars 2012

PAGES DU COURANT




Héraclite changeant, qui est à la fois même
Et autre, tout comme le fleuve interminable

Heráclito inconstante, que es el mismo
Y es otro, como el río interminable.

(Jorge Luis Borgès)

SOURCES

 Livre de l’eau roman de nos pensées
Transparences du jour et sombres profondeurs
Livre de soi-même où l’autre aussi s’écrit
Même celle aux cheveux d’algues habite ici

Des frissons sur le courant sont inscrits
Des messages dansent vers la mer
Du plus profond quelqu’un vous ensorcèle
Et votre reflet qui passe l’interroge

 Livre de l’eau livre limpide ou d’écume noire
Assaut de la brute tourbillon ravisseur
Fabuleux livre d'effroi voyage immobile
Qui à cent lieues de vous-même vous exile

 
Livre des sortilèges cristal magique
 
Courant inassouvi de la vie
 
Où le regard Pèlerin altéré dans le désert
 
Quête l’élixir d'ivresses narcotiques


jeudi 29 mars 2012


mardi 27 mars 2012

SANS SOLEIL NI PRINTEMPS


A.Dürer : "Ecce homo"


l’enchanteur

Je suis l’enchanteur désenchanté le Merlin des merles
Sans livres sans soleil ni printemps en forêt
Sans croire qu’on arrive sur le quai d’un départ
Sans espérer l’espoir

Sans appeler un mot par son nom
Simple comme lettre à la poste
Sans la magie toujours trop brève
Sans appeler réalité son rêve

Sans rien emporter
Ni son pays à la semelle des souliers
Ni son amour plus loin qu’au prochain carrefour
Sans l’album des souvenirs d'un sourire oublié

Quand voguent les gondoles
Sous le Pont des Soupirs
On regarde l’eau courir

 Il était gentil pourtant le Père Noël avec sa hotte
Et le bâton et la carotte
De l’éternel retour


mardi 27 mars 2012 

vendredi 23 mars 2012

pèlerinage




L’ANCIEN MATELOT

En pèlerinage dans un jour
Où le nom des routes est effacé
Mon temps est une pluie sans fin
Mes rêves s’épuisent du voyage

Ma chevelure de craie est la falaise figée
Devant les flots d’un Cap Horn évanoui
Ma parole frissonne et je n’ai plus de larmes
D’avoir trop regardé fuir les années

Ma course aventurière n’espère ni écus ni ducats
Des primevères des violettes je chéris le sourire
De marbre sont mes nudités de ce jour
Aux soirées du musée je me suis abonné

L’onde charme mes contemplations
 
J’affronte à la télé les tempêtes des autres
Je chéris la dent-de-lion et le bouton d’or
Qui parlent 
d’Equateur au soleil éternel 

jeudi 22 mars 2012