mardi 24 mars 2020

QUOTIDIEN





En terre familière je chemine parmi les souvenirs
Prince chenu du pas vigilant qui sied à l’âge
Mon royaume est songe et  fantaisie tranquille

A la rencontre de midi j’ai gagné mon chemin
J’ai rencontré l’herbe et sa jeune vigueur
Pressée de s'enivrer de lumière

De la blancheur de l’épine dans l’année qui s’éveille
De feuilles naissantes timides et neuves
Que l’oiseau accompagne

Mon pas pressé et valide hier n’avait pas d’oreille
Le but c’était là-bas ce n’était pas le chemin
L’insignifiance modeste me parle aujourd’hui davantage

Mon chemin est la relique du pèlerin
Qui  s’entête jusqu’au salut
Mon souffle a le goût de la vie qu'on respire

mardi 24 mars 2020

samedi 21 mars 2020

ZEROS ET INFINIS




Que s’ouvrent les portes de la cité marchande
Aux primates des abîmes d’égoïsme

Alors que jacasse la science craintive des incertitudes
Aux frontières des confinements
L’humanité montre sa grimace d’anthropoïde

Sous son masque de satin
Sous les bonnes manières
Revenues des préhistoires


samedi 21 mars 2020

vendredi 20 mars 2020

COURSE DE L’ESPRIT



L’esprit tire la jambe
Cherchant un bout de souffle
Le cœur en sueur
Dans la chaleur vague

On n’entend pas de Dieu
La voix trop lointaine
Déchirée par le vent

L’après-midi étend son or
Comme un drap chaud
Sur l’éveil du printemps

L’espoir sourit de mille primevères
Couleurs de vivre
Toutes neuves de joies folles
Ignorant la mort 


14/03/2020

DERNIER HARRAR



Déçu d’Arabies usées
En haillons de paradis
Riches d’illusions arides

N’être plus qu’un corps
Sans nom déjà peut-être
On se manque à soi-même
Au fil des ruisseaux de fièvre
Où l’on flotte arbre déraciné

Naufragé étreignant l’enfance
Presque revenue
Aux tiédeurs de la maison


 La maison qui n’a pas compris
Le revenant et son voyage


vendredi 20 mars 2020

dimanche 15 mars 2020

MY REALITY




My reality

Quand Shéhérazade s’éveillait 
Dans le triomphe du printemps survenu
Au soleil vainqueur d'un matin de fête

Elle venait dans mon rêve s’asseoir
En rêve avec la servante fidèle
Tandis que j’oubliais les mots de ses lèvres

La main posée sur sa cuisse nue
Sa peau écho du paradis
 Sous ma paume était légère et belle
D’un coup j’ai compris les secrets de Phidias

 Sans un mot de la science ou de Praxitèle
J’ai compris le printemps sans qu’on ne m’en ait rien dit
 Les secrets du marbre
Et la magie qu’entendent les mains
Qui écoutent le silence


dimanche 15 mars 2020

dimanche 8 mars 2020

DEAD END


Le chemin n’avance plus
Il reste à la maison
Ne parle plus d’harmonie
Ni de tour de la terre
Ni de lointains mystères
Et garde la chambre
Le soleil n’est plus
Son compagnon 

éperdu d’horizon
Il est l’aveugle
Sans ailleurs
Piéton des profondeurs
Piégé de sargasses
Enchaîné de chagrin
Et de lianes tristes
Il court immobile
Et se perd dans le vent

dimanche 8 mars 2020

dimanche 23 février 2020

BERGERIES D'ANTIPODES



Dans les brouillards du temps
Ont-ils retrouvé sur le sentier herbeux
Leurs avelines préférées
Et les agneaux des bergeries

Eux qui avaient semble-t-il la clé
De chaque porte nouvelle
Eux qui connaissaient par cœur
 Les paroles où l’étape s’attarde

Qui aux profondeurs du puits
Étanchaient la soif d’apprendre
Des passants aux yeux brillants
Rêvant d’antipodes insondables

Lisent-ils en Alexandrie près de Gutenberg
Les incunables les parchemins
Les feuilletons à deux sous qui les font sourire
Pour oublier les fausses sagesses d’ici-bas

Ou goûtent-ils les miels de la mort
Les yeux toujours ouverts
Sur le bleu infini des bonheurs d’ici-bas
Qu’ils n’ont pas emportés

dimanche 23 février 2020

vendredi 21 février 2020

Passé le gué



Pesante et chaude nuit où les ivresses s’égarent
Obscur le sang qui bat sous le silence d’une caresse
Et rêve de violons ruisselant comme flots d’oiseaux
Dans l’air embrumé de sucre et d’opium

Parmi les fruits surpris de l’Eden le miracle va s’ouvrir

vendredi 21 février 2020

mardi 18 février 2020

ALMANACH



J’écris un roman Je suis Shakespeare Romain Rolland
Pas besoin de poisson-pilote j’ai le monde à ma botte
Un peu Voltaire un peu Hitler le monde est mon affaire
Je suis metteur en scène je suis le roi je suis le maire
Orson Welles Jean Renoir Fellini Bunuel et Molière

à moi le monde sans conquête
Pays de plaisir et de fête
D’un trait de plume magique
Je vais des pôles au tropique
Samarcande et Kaboul
Mosquées lamas couleurs de foule

Je m’écris un roman 
J’ai l’Afrique en partage et les îles du Levant 
Vénus l’Annapurna 
Le Paradis et la pomme que m’a léguée Adam

18.02.2020

SABLES DE BARADERO



Même pas un mot à dire
Et le monde a la voix du soleil
Cantique dans la cathédrale

On est le naufragé sauvé
De la morsure des vagues
Regard ébloui sur d’inusables paradis   

Les mouettes frôlent les palmes
Les pensées ont la couleur de l'eau
Jalouses des paradis du ciel

mardi 18 février 2020

dimanche 9 février 2020

WAITING FOR ...




Je ne connais plus les couleurs de la ville
Imaginer le monde est moins facile
C’est encore l’hiver on n’est pas à Cannes
Tous les rayons de ma plage sont en panne

Parler tristesse s’apitoyer sur son sort
C’est avouer je suis déjà froid je suis mort
Chantons encore un peu et rions du trépas
L’hiver bien sûr est vilain qui n’en finit pas

Je vais user le temps les fauteuils du salon
Imaginer l’hiver au nez rouge qui rit
Bien sûr les frimas ne seront pas si longs

Si ce bon destin clément qui sait fait des efforts
Doux aux péchés chassant tous mauvais sorts
Il mènera peut-être son centenaire à bon port


dimanche 9 février 2020

samedi 8 février 2020

NOTRE HOLLYWOOD


Sur la baie de Frisco pas encore embrumée
Sont-ils toujours là les soleils des millionnaires
Le Golden Gate et ses marées de voitures

Sont-ils toujours là près de Sunset Boulevard
 À La Brea dans la glu des bitumes millénaires
Les fantômes aux crocs fabuleux des couguars


Dorment-ils toujours dans leur préhistoire de marbre
 Les séquoias allongés loin du Pacifique énervé
Ignorant Woodstock et les cœurs à Wounded Knee


Éblouis de traverser d’un continent l’immensité cristalline
A Hollywood nos cœurs s'accrochaient  aux collines
Découvrant l'Amérique et aussi qu'au pays
 Nous avons les opulences et tous les paradis

samedi 8 février 2020


samedi 25 janvier 2020

GLOBE-TROTTER



J’ai à peine vu Vienne
Il faudra que j’y revienne

J’ai vu Carthage Florence Angkor
Islande ou Bénin je ne connais pas encore

J’ai respiré de San Francisco l’air gris
Que l’on n’avait pas encore à Paris

Rouges étaient mes aurores à Venise
Ô Sienne la Toscane les églises

J’aimais mes jours à Lutèce ou Vézelay
Les Saintes-Maries Avignon et son Palais

Le monde en moi-même grand ou petit
Aujourd’hui je le porte où je suis  

samedi 25 janvier 2020

mercredi 22 janvier 2020

L’Amérique

Jacques Calot    Mendiant


Pèlerin sur ma route serpentine marchant
Dans le sauvage hiver vieillard aventurier

En ce lundi de paix par une horde maline
D’automobiles impatientes mitraillé

J’affronte des frimas ensoleillés saluant
Blancs et dénudés mes amis les noyers

Un reste de brume et d’horizon opaque
D’anciens sillons desséchés silex et flaques

Descubridor glorieux comme Colomb décelant
D’un continent inouï Indiens et trésors nouveaux

Juché sur mes béquilles héroïques
J’ai franchi des distances épiques

Trois cents mètres jusqu’à la Forge à l’Eau


mercredi 22 janvier 2020

samedi 18 janvier 2020

EN DOUCEUR


Voltaire par Pigalle

Avant de plier bagage
Cocktails et whiskys
Instants exquis
Au coin de l’âge

Arthritiques
Bavards mutiques
Philosophes sages
Finis les voyages

Satisfaits de souvenirs
Et d’images
Croyant encore au soleil 
Aux muses sages
Nous attendons la fin de l’histoire

Ni Napoléon ni Alexandre
Pourquoi crier victoire
Après tous les Waterloo
Notre gloire a pris l’eau

Sed fluctuat nec mergitur
Les centenaires ont la vie dure
Ce n’est pas tout à fait
 La déconfiture
L'octogénaire a un futur

samedi 18 janvier 2020

vendredi 17 janvier 2020

COULEURS D’AUBE




Quand l’affiche est toute rouge
Terre et ciel à part égale
Mon miel soleil c’est tes rayons
Dès l’aube blanche je m’en régale

Grand découvreur du jour timide
A cette messe je suis fidèle fervent
Quand la mare aux iris est sans ride
Quand le givre habille feuille et sarment

Dans les brumes du petit jour
Dans l’étreinte du matin gourd
Je suis Charcot ou Amundsen

Dans les brumes du petit jour 
Dans la nuée du mystère dévoilé
Je suis le jeune Hélios enivré

17/01/2020


PLUS DE SAISONS !


L’hiver tout surpris a chaud au cœur et sourit
Respirant du souffle des saisons raisonnables
Le regard posé sur le livre du soleil ressuscité
Ma journée suit le chemin des rives paisibles

Il a retrouvé ses mots le balancier des heures 
Le ciel n'est plus en deuil des couleurs
Comme au printemps
 Le télégraphe parle aux colombes
Les battements de cœur aujourd’hui ont une âme


vendredi 17 janvier 2020

dimanche 12 janvier 2020

RETOUR DU REVENANT

Les nuages ont vidé leurs noirceurs
Sur la mosaïque des champs
Cœur à l’étroit
Par-dessus la mer
La chaleur s’est brisée
Qui caressait les glaçons
Dans le verre ébloui

Le clocher n’a plus peur
Qui attendait parmi les tombes
à mi-voix la musique timide
Ose frôler l’orgue qui mord l’air
 à pleines dents
Comme l’homme sans ciel foule le silence
Comme un Boeing laboure les nuages

dimanche 12 janvier 2020

mardi 31 décembre 2019

L’ERMITAGE




Univers tout neuf quand le soleil est l’invité
C’est un peu le monde et la mer et les bois
La ruine s’y fait marbre et le poème réalité
Cette campagne est nôtre et faciles ses lois

Sa verdure qui s’élance est notre évidence
 Toute la terre cette parcelle bucolique ce lopin
Notre mystère notre havre de châtelains 
Notre Versailles fleuri nos galeries de silence

Jusqu’au ciel et son Olympe s’élève sa majesté
Les Caravelles y tirent des lignes sur nos étés
La paresse comblée et la fantaisie y somnolent

On y apprend aujourd’hui bonheur et frugalité 
Notre âge fatigué n’y est plus l’oiseau migrateur
La vie s’y complaît et le chagrin s’y console


mardi 31 décembre 2019